Norbert Tarayre
26-09-2016

Norbert Tarayre : « Je rêve d’aller manger chez Bocuse ! »

Chef de l’établissement Le Saperlipopette, showman, juré de La Meilleure Boulangerie de France sur M6 et bientôt aux commandes de l’émission Talk Chef, Norbert Tarayre souhaite faire vivre la gastronomie sous toutes ses formes. « C’est la loi du ventre, l’art de savoir transformer de bons produits en quelque chose de simple et de gourmet », affirme-t-il. On l’a donc cuisiné avec quelques expressions culinaires pour en savori un peu plus sur ce chef atypique.

 

Pour quel mets avez-vous un bon coup de fourchette ?

Un pigeon. J’en ai mangé un super bon à La Régalade dans le 14ème arrondissement. C’était un pigeon farci avec un foie gras poché dans le lait et des petits pois carottes.

Qu’est-ce qui vous ferait devenir rouge comme une tomate ?

Des compliments.

Vous tomberiez dans les pommes si…

J’allais déguster la cuisine de Paul Bocuse. Je n’ai encore jamais eu l’occasion d’aller manger chez le « gardien du temple ». Son restaurant est intemporel, un peu comme une bibliothèque on l’on retrouverait toute la magie de la cuisine française. Comme c’est une cuisine très généreuse, je me restreindrais pendant trois jours avant d’y aller (rires).

Vous est-il déjà arrivé de raconter des salades ?

J’ai raconté beaucoup de salades sur mon CV ! C’est comme ça que j’ai pu travailler dans des restaurants gastronomiques.

Avez-vous déjà été le dindon de la farce ?

Justement, ayant falsifié mon CV, on pensait que j’étais un cuisinier de grande expérience. Mais un jour, j’ai jeté 4 kilos de truffes noires car je pensais que c’était des champignons daubés !

Etes-vous du genre à ramener votre fraise ?

Il faut savoir admettre quand on a tort, mais aussi savoir tenir tête au chef lorsque l’on sait qu’on a raison. J’aime la diplomatie mais pas l’hypocrisie, alors oui je ramène ma fraise pour mes convictions… Même si j’ai parfois fini aussi liquide qu’un coulis !

Quand est-ce que la moutarde vous monte au nez ?

Je suis quelqu’un sans talent particulier dans la cuisine, j’ai du travailler dur et je continue de le faire alors ça me frustre de voir des gens qui ont du talent et qui ne l’exploite pas. Pire, ça m’énerve de voir des gens qui sont dans la suffisance, la facilité et qui ne donnent pas leur maximum.

Auriez-vous une bonne adresse à nous conseiller ?

Il y a un restaurant qui me touche particulièrement, celui de Jacky Ribault, un étoilé Michelin qui s’appelle Qui Plume La Lune. C’est un chef généreux, vierge de tout effet de mode. On dirait un gosse dans un corps de viking qui te parle de la cuisine et des produits avec romance… Et ça se ressent dans ses assiettes. Son restaurant est magnifique, très intimiste, vraiment charmant, on oublie même qu’on est à Paris ! Il y a certes un prix à donner mais avec cette excellente table on n’est jamais volé.

Quel serait votre mot de la faim ?

Je conseillerai à tous les épicuriens de ne pas chercher à comparer tel ou tel restaurant. Laissez-vous juste vivre et porter par des chefs qui vous transmettent une passion. Ne comparez pas le moléculaire et le classique, le traditionnel et l’avant-gardiste ni la bistronomie et la brasserie, ça n’a rien à voir. Jugez seulement le sentiment que vous avez eu en mangeant votre plat.