30-09-2015

Olivier Nasti

Interview de Olivier Nasti, chef du restaurant 1741 à Strasbourg.

Fin 2013, Olivier Nasti prend les rennes du 1741 associé à Cédric Moulot. En cuisine c’est Guillaume Scheer, alsacien, qui officie. Chaque jour des plats changent à la carte et sont minutieusement élaborés par les deux chefs. Bienvenue au royaume de l’excellence.

9.5/10

Le 1741

22, quai des Bateliers
67000 Strasbourg

Voir le restaurant

 

A quel moment vous êtes-vous décidé à vous lancer dans la cuisine ?

Au départ je voulais être boulanger, surtout par envie de voler de mes propres ailes, de prendre mon indépendance. Mais le boulanger n’avait pas de place pour moi. Des amis de mes parents leur ont alors parlé d’une opportunité : une place se libérait dans le restaurant de l’Hostellerie du Château de Servin à Belfort, qui avait deux étoiles à l’époque. Mes parents pensaient que c’était une bonne chose, et ils avaient raison. C’est là-bas que la passion pour le métier est venue et que j’ai appris la rigueur.

Les chefs qui vous inspirent ?

Il y en a beaucoup. Les chefs Troisgros m’inspirent énormément : leur cuisine me passionne depuis toujours. Je suis aussi fasciné par Emmanuel Renaut et son terroir. Il parvient à nous faire sentir sa montagne dans l’assiette. C’est incroyable !

Vos restaurants préférés de Strasbourg et ses environs ?

J’ai toujours adoré Le Crocodile ! Pour moi c’est une maison mythique qui dégage des choses qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. J’aime aussi le Buerehiesel, qui est également une maison mythique pour moi.

Quand vous avez pris les commandes du 1741, quel était votre objectif ?

Mon objectif était de donner une belle image de cette entreprise par la cuisine et l’excellence de la table, et de faire grandir ce restaurant. C’est ce qu’on est en train de faire aujourd’hui. Nous avons d’ailleurs eu le privilège d’obtenir une étoile. L’idée est de toujours aller plus loin et d’amener cette table au plus haut à Strasbourg.

Qu’avez-vous envie de faire ressentir à vos clients à travers votre cuisine ?

J’essaye de raconter une histoire dans mon assiette. J’essaye de faire une cuisine créative, simple, ludique, lisible tout en la rendant accessible au client.

Aujourd’hui les gourmets ont la possibilité d’écrire un avis sur le restaurant qu’ils viennent de visiter. Comment cette nouvelle donne impacte le métier de chef ?

A chaque réunion que l’on fait au 1741, on imprime les critiques : positives comme négatives. Les internautes sont devenus des critiques gastronomiques en puissance. Si vous ne prenez pas en compte ces critiques c’est que vous n’avez rien compris ! Le client s’exprime plus facilement en ligne que devant le Chef qui impressionne un peu parfois. Cependant, il y a des moments où c’est difficile d’avoir des critiques qui ne sont pas constructives alors qu’elles restent à vie sur le net. Mais quand une entreprise va bien, elle a toujours de bons commentaires.

Quelle place tient l’Alsace dans votre cuisine ?

Je ne suis pas Alsacien, mais la cuisine alsacienne tient une place très importante dans ma cuisine. Je respecte les traditions de la région, je cuisine les produits locaux. Je paye un cueilleur annuel pour aller me trouver de merveilleux champignons. Ils ne sont pas achetés dans un étal, ils sont récoltés par un cueilleur dans les Vosges pour vous le servir aujourd’hui à table.

Quel(s) plat(s) typiquement alsacien(s) proposez-vous ?

On travaille le foie gras d’oie et je vous rappelle que la capitale du foie gras d’oie, c’est Strasbourg.

Comment réussissez-vous à surprendre avec ces plats si populaires en Alsace ?

J’aime mettre une touche de fraicheur et de simplicité dans l’assiette. Je pense que je surprends grâce à la simplicité que j’arrive à mettre dans mes assiettes. Mais c’est le plus difficile à faire !

Une astuce pour épater ses invités avec une choucroute ?

Faites une choucroute de poissons avec de la truite, de la perche, du brochet, avec une petite sauce Riesling.

 

Si vous étiez…

Un légume : une asperge !

Une viande : du bœuf car c’est une viande racée.

Un poisson : un brochet, car c’est un carnassier (rires).

Un vin : un Riesling, car c’est un vin qui a beaucoup de caractère.

Un dessert : une glace à la vanille, car c’est le seul dessert que je mange. Je ne suis pas très « sucré », je ne mange quasiment jamais de dessert mais j’aime le goût de la vanille.

Une épice : de l’anis étoilé, car c’est une épice à la fois puissante et subtile.

Un chef : Michel Troisgros

Un conseil : Je dirais aux jeunes de toujours faire en sorte de se mettre à table et de faire l’effort de manger correctement, même dans un petit studio.

Une devise : « Faire les choses à fond avec beaucoup d’optimisme ».